Une ferme urbaine, qu'est-ce que c'est ?

Vous en avez certainement déjà aperçu en vous promenant dans les rues des capitales africaines : des rangées de laitues près d’un cours d’eaux usées, des plants de feuilles de manioc sur un terrain vague ou encore des lignes de choux plantés à ciel ouvert entre deux maisons.

Sans le savoir, les cultivateurs de ces petits espaces sont en fait, des micro-fermiers urbains.

L’AGRICULTURE URBAINE : DÉFINITiON

En court, l’agriculture urbaine c’est de l’agriculture en ville. On parle autant d’élevage, d’apiculture, de pisciculture que de culture de fruits, légumes, noix et autres. 

La beauté, c’est que l’agriculture urbaine (et péri-urbaine) peut se présenter sous des formes diverses. 

En dehors de nos frontières, on voit des fermes sur les toits d’immeubles, dans des espaces publics ou espaces en attente de construction, dans des cours, et même des potagers partagés.

LES AVANTAGES.

Lors des visites, la deuxième question qui nous est le plus souvent posé est pourquoi une ferme urbaine ?

Eh bien, le premier avantage se rapporte au (bon) sens des affaires : la proximité de la clientèle. Plus on est près de nos consommateurs, plus nous réduisons les temps de trajets et les coûts de production.

Le deuxième est qu’en restant près de la ville et ses infrastructures, on évite de faire face à plusieurs autres difficultés. Par exemple, n’importe quel Gabonais qui a ne serait-ce dépasser le PK12 vous commentera de façon peu élogieuse l’état de la route. Alors, bien que s’éloigner de la ville permet d’avoir des prix au m2 plus intéressant, cette économie viendra sans nul doute avec des trajets éprouvants et quelque peu dangereux, des zones peu approvisionnées en eau ou sans électricité ou encore avec des voisins quelques peu envahissants.

Une autre difficulté : l’accès aux biens et matériels adéquats. En zone rurale et même dans ses villes avoisinantes, il n’y a ni ports, ni aéroports, ni trains et très peu de magasins spécialisés en outils.

«Des jardins potagers peuvent être jusqu'à 15 fois plus productifs que les exploitations des zones rurales.» 

Et plus généralement, que l’on parle de potagers, de micro-fermes ou de fermes maraîchères, cultiver près du consommateur est une solution à de nombreux problèmes d’ordre social et environnemental urbain dont :

  • l’insécurité alimentaire

  • émissions de CO2

  • l’autonomisation des villes

  • la création d’emplois et ré-insertion économique

  • la possibilité pour les citadins de re-tisser des liens avec la nature et l’agriculture

Selon la FAO, une superficie d’un mètre carré peut fournir 20 kg de nourriture par an.

Dans le cas de Libreville et comme dans plusieurs autres villes du pays, l’agriculture urbaine est plutôt informelle et conséquemment, très peu contrôlée.

Beaucoup des légumes composants le panier des consommateurs n’ont donc aucune traçabilité. On ne sait pas par qui ils ont été cultivés, où, comment et avec quels types d’engrais. Et encore moins comment ils ont été nettoyés et transportés. Il n’est donc pas rare d’entendre des récits sur du folong qui tourne au noir une fois plongé dans l’eau, des légumes à l’arrière goût amer et âcre, du poulet avarié vendus dans les épiceries ou encore des agriculteurs qui « pompent » des pesticides chimiques sans précautions.

La majorité des politiques agricoles mises en oeuvre par l’État durant les 25 dernières années encourage « un retour à la terre ». On distribue encore des parcelles de terre et offre du matériel aux cultivateurs des zones rurales, facilite les intégrations de plusieurs milliers d’hectares de plantations villageoises et/ou met en place des ressources pour les foyers ruraux.

Pourtant, la population active vit déjà en ville. Et tout porte à indiquer que cette tendance n’ira qu’en s’accentuant.

86%. C’est le pourcentage de la population totale vivant en zone urbaine.

Intégrer l’agriculture en milieu urbain dans les stratégies nationales et locales de développement agricole permettrait d’optimiser les politiques agricoles.

C’est pour çà qu’à La Ferme Urbaine Okoumé nous travaillons à briser l’image selon laquelle l’agriculture est égal à zone rurale.

Les fermes urbaines & péri-urbaines représentent l’agriculture d’avenir : une agriculture adaptée, une agriculture consciente, une agriculture pensée.


Claudia OndoCommentaire